Mon premier CD
Mon premier
CD. MIMIZAN le Dimanche 4 juin 2006.
(de Patrick Estéban)
C’est
l’objectif que je me suis fixé cette
année,
participer à un «courte
distance » et
si possible, le réaliser en moins de trois heures !
C’est
ma
première année au club et à 45 ans, le
plaisir
de reprendre une activité sportive, après 15 ans
d’activité épicurienne
soutenue !!!
Les
préparatifs à Mimizan sont un peu
compliqués
pour un débutant, mais super Daniel est là, est
nous
coach avec Benoît XVI, alors tranquille on se laisse guider,
oui, je l’avoue je suis comme Benoît un peu
fainéant.
Avant de
prendre le départ, à cause d’un
problème au
genou droit (manque de
cartilage sur la partie gauche de la rotule
ce qui entraîne à chaque amplitude de la jambe un
frottement et fini par une inflammation générale
de la
dite gambette).
Je rejoins
un des plus beau sourire du TCA qui est aussi la Kiné de
l’équipe de France d’athlé.
Je veux parler de
Stéphanie qui me fait le méga strappe de
l’année.
14h58,
aligné au départ en tenue de phoque, je
réalise
que je suis en première ligne, à
côté de
moi, le président Jérôme et
là un doute
affreux m’envahi, je sais à peine nager et
derrière
moi une meute de la tribut des « houlala
ça va
faire bobo » prêt à me passer
sur le corps,
j’attrape le bras de Benoît pour le mettre
à ma place,
mais trop content d’assister au spectacle se débat
et
biiiiiiiiiiiiiiiiiip, the départ.
Je cours,
plonge, replonge en dauphin commence à nager en deux temps,
prend des coups me fais monter dessus, reprend des coups, bon
là,
j’aligne deux mandales à droite, un coup de coude
à
gauche, puis je bois la tasse, obligé de tousser comme un
malade pour chasser l’eau de mes poumons, je me retrouve
derrière
le paquet, nage en brasse pour récupérer.
J’ai
envie
d’abandonner de m’accrocher au bateau, puis je me
dis « tu
t’es pas entraîner tout cette hivers pour finir
comme ça,
penses au club qui a pris en charge les
inscriptions » !
Je repart en deux temps, première bouée, je
repère
la seconde, j’allonge bien et nage en trois temps, je suis
surpris
par les sensations de plaisir, dans ma tête repasse en boucle
les conseilles du coach Sylvain : « lèves
tes coudes, pousses bien le long du
corps… »
Deuxième
bouée, au loin je peux visualiser
l’arrivée,
j’accélère, rejoins deux nageurs et
j’ai bien
l’intention de me les faire, j’arrive dans leurs
pieds celui de
devant change sa nage il passe en brasse et me balance un coup de
pied (bien sûr
involontaire)
m’explose les lunettes,
je serre les dents, les remet tant bien que mal et repart avec la
rage.
Sortie de
l’eau, je m’y prends à deux fois pour
dégrafer la
combi. Dans le public je reçois les encouragements de
Charlinette (un autre,
très beau sourire du TCA).
Au parc
à
vélo, je prends soin de ne pas arracher mon
précieux
strappe dans la transition et c’est parti pour la
séance
pédalage.
Au loin je
cible un client, j’appuie pour le rejoindre c’est
chose faite au
bout de cinq minutes je le passe, devant je cible les prochains
clients ils sont très loin et roulent groupiiir si vous
préférez ça drafte
gavé ! Je prend
le vent en pleine face et commence à comprendre le message
de
Séb. à propos des drafteurs, des tricheurs.
Kilomètre
10, je suis rejoint par mon premier client, il me passe, je le suis,
le repasse, on sympathise il s’appelle Philippe du club de
Pessac,
on est à peu près du même
âge, il
m’explique qu’il a appris à nager
l’an dernier, je lui
réplique être dans le même cas.
Kilomètre
30, un blessé sur le bord de la route, les pompiers arrivent
sur place.
Mon genou se
réveille, la douleur s’installe, le vent redouble
d’intensité, sur la route un peu plus loin je
lis : Km
35, je m’accroche mais dans la tête le doute
s’installe
pour la course à pied.
Arrivée,
transition CP. Je m’applique à prendre mon rythme
en
douceur, du public sort des encouragements, ils sont les bienvenues,
je reconnais Stéphanie une tape dans la main, puis
Aurélie
une tape dans la main aussi, grâce à elles
j’oublie la
douleur, accélère un peu.
Charlie lui,
choisi de me donner une tape dans les fesses, alors qui
s’engage
sur son deuxième tour, faut dire que je suis pas mal de
dos !
Fin du
premier tour, j’aperçois un maillot Pikatchou,
j’allonge
ma foulée, le rejoins, c’est Bernard on
échange
quelques mots, me demandez pas lesquels, car à ce moment
là,
je rentre dans le rouge et suis incapable de me rappeler notre
échange philosophique !
On court
côte à côte, Bernard sent bien que je
vais craquer
et en grand seigneur, m’encourage, m’invite
à bien
m’hydrater aux points de ravitaillements, je tiens mais, pour
encore combien de mètres à ce moment
précis je
ne donne pas chère de ma volonté, car
j’en ai plus :
le moral est dans les chaussettes, les chaussettes trouées
et
les trous sans gruyère autour …
Bernard
trouve la phrase choc « Penses à
la ligne
d’arrivée » cette ligne
d’arrivée je
l’avais visualisé avant le départ, je
m’enferme
dans cette pensée.
Grâce
à la visière de ma casquette, je ne regarde que
10
mètres devant moi et me répète aller,
encore 10
mètres.
Arrive enfin
l’arrivée et avec elle les précieux
encouragement des
Cestadais, Jérôme, Benoît, Daniel,
Isabelle,
Agnès, Stéphanie, Vincent, Christophe,
Aurélie
(pardon si j’en
oublie).
Je franchi
cette fameuse ligne main dans la main avec Bernard, Daniel
m’annonce
2:59:56 un immense bonheur m’envahit d’autant que
cette petite
victoire personnelle, est le fruit d’un grand esprit
collectif,
celui d’un club riche de sportifs au grand cœur,
parfois déjantés
mais toujours généreux.
Vive le
triathlon, vive le TCA Cestas.
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