C’était mon premier triathlon LD du circuit « IRONMAN » et donc une découverte et une confirmation à faire après Embrun l’an passé. On ne dira jamais assez la chance de pouvoir préparer et participer à des compétitions comme cela avec ce que cela suppose de temps disponible, d’entourage plus que compréhensif, ….Pour le plus facile du circuit IRONMAN, le parcours annoncé est plutôt sévère avec 1600 m de dénivelé à vélo, une grosse chaleur et un parcours natation qui s’est révélé particulièrement mal foutu : bouées invisibles, fin de parcours dantesque dans un canal de 8 m de large pour 2300 nageurs. Un peu inattendu pour une organisation austro-américaine !
Mais repartons du début: même s’ils sont crispants, les derniers instants avant le départ ont une saveur particulière, le remontage du vélo récupéré après trois transferts avion, les dernières petites sorties à vélo, les dernières bouffes ensemble, l’ambiance qui se tend, le dernier dîner, la dernière nuit (avec les SMS d’encouragements, trop gentils, qui déboulent à 1h du mat !), le réveil à 4h (horreur !!), le petit déjeuner aux sourires crispés et aux rires jaunes, l’arrivée sur le site, la remise des derniers sacs ravitos, le parc à vélo silencieux, et les derniers instants sur la plage : là, on se sent tout petit au milieu des deux mille trois cent autres, à la fois soulagé de partir enfin et avec une journée spéciale à vivre devant soi. J’avoue que là, celui qui s’envoie une pinte et peut lâcher un pet sec sur la plage est très fort ! J’y penserai pour la prochaine fois ! Il y avait même des curés sur la plage ( !!) et ce crétin de speaker qui commence à dire « God bless you … » et autres bondieuseries… !!
Je trouve toujours les derniers moments avant un tri compliqué avec le matos des trois épreuves et les sacs perso de ravitos à préparer, l’attention à porter à ce qu’on bouffe et boit (les bières pression de Klagenfurt en terrasse du centre ville ! : légères, pétillantes, pas trop amères, fraîches…et les autrichiennes !). Bon et puis mes transitions ont toujours été catastrophiques alors surpression sur moi pour ces préparatifs ! Quel bonheur d’être en groupe et de pouvoir vivre ça avec les copains. (Ne jamais faire un truc comme ça tout seul !)
Enfin le « POUM » du départ, eau cristalline juste à la bonne température (dans les 21deg C), pas trop de coup ni d’agression dans l’eau. On part soleil dans le dos et sur la première partie de la boucle natation, le parcours est bien visible, au retour de la boucle par contre, bouées trop basses sur l’eau, soleil dans la gueule, parcours illisible, bing dans les kayaks des arbitres et sans doute 100 à 200 m (?) faits en trop au bout…. 1h12min (pour 3.8 km officiel). Ca aurait pu être mieux, et pire aussi…(j’avoue que mes dernières contre – performances m’avaient un peu fait douter…)
Transition pas trop hystérique, rien d’oublié, c’est parti sur le vélo. Et là très vite, je sens que c’est un bon jour, j’ai des cannes, je remonte plein de monde, certes avec quelques dépassements difficiles (ah, les fesses des copines triathlètes sur leur vélo !…il faut être en airain pour ne pas rester derrière), les bosses passent plutôt faciles, les deux difficultés du parcours aussi, c’est vrai que ce parcours roule bien. Mon ravitaillement personnel passe bien (patates à l’huile d'olive, barre de gruyère et jambon) et pas de grosse baisse de régime. 5h35min (179 km), pas trop mal! Des bons gars et bonnes filles sur le parcours, sourires et mots échangés avec les concurrents cotoyés. Bonne machine aussi, impeccable même. La surprise est l’absence de bière aux ravitaillements, incroyable, et aussi pas mal de laxisme sur l’arbitrage… Moi qui croyait les arbitres IRONMAN en acier trempé.. A peine mieux que Mimizan !
Et voilà le marathon, avec plus de repères pour moi, un bon départ, pas trop loin de Lulu insuivable malgré ses chevilles craquelées), et toujours des cannes (pas possible, ça peut pas tenir comme ça jusqu’au bout, …) , les 10-12 premiers km sur un nuage, je pense même un moment passer sous 11h, il me faudrait un marathon en 4h pile. Bon, …un peu présomptueux mon gars, chaleur, petits problèmes d’estomac et me voilà à pied du 13e au 25e avec des dégazages spectaculaires à chaque verre avalé (d’eau, rien d’autre ne rentre plus), mes excuses à mes suivants, et une gestion de course plus modeste. Quand même, ils auraient pu mettre de la mousse aux ravitaillements : que de l’eau, du pepsi de l’isostar… ark ! A retenir, la prochaine fois : plâtre et antispasmodiques au menu ! Tant pis pour les 11h, à ce stade là je sais que je finirai et c’est déjà et toujours un bonheur.
Et au 26e le miracle « Félix » s’est produit : foutu pour foutu je décide d’aller me taper une bonne mousse à un petit bar au bord du lac, la patronne est cool et me l’offre avec le sourire, je m’assois une minute et savoure ma jolie bière fraîche. Reprise tranquille en marchant , dégazage, et après 100m je me remets à courir et …..à croire au bon Dieu de la fermentation ! : les brûlures s’atténuent presque totalement, le jus revient et j’enchaîne 5 km impeccables, jusqu’à la bière suivante (offerte par la caravane organisation au parc à vélo) qui me rebooste aussi, bon je refais encore 2 k en marchant mais je termine en avion les 7 derniers k à 12/13 à l’heure, euphorique, et le dernier km, le grand moment de bonheur et de paix, la ligne… comme au ralenti : 4h35min , 11h35min au total dont 14min de transition, (il y aura encore à gagner de ce coté là !!).
On retrouve les copains, mais tout de suite la déception du pépin de Seb …si injuste surtout pour lui qui avait préparé ça le mieux, avait motivé le club et organisé le séjour, et allait concrétiser un temps canon… Bon, il y a pas mort d’homme et il reste un seuil de niveau franchi pour lui, il est meilleur qu’il n’a jamais été et la concrétisation chronométrique sera pour la prochaine fois... Et Charly ! incroyable, lui c’est Mossieur « 100% homme de fer » et l’incarnation, avec Lulu (qui me bat au quadrathlon, revanche à venir), que le triathlon LD est un sport parfaitement adapté aux jeunes…..
Je ne cite personne en particulier mais celles et ceux qui m’ont accompagné et encouragé de mes premières courses sur route en 1990 à la dernière pinte savourée dimanche soir après la course ont tous passé cette ligne d’arrivée avec moi. Je vous aime. Tchin !