compte-rendu d’un week-end de course en terre Basque Espagnole (moyenne distance, une première pour ma part).
Cela commence par les retrouvailles au camping de Zarautz en fin de matinée du Samedi. Il y a là, coté participants : Seb, Alex, Régis, Charly, Lucien, Denis, Stéphane, Jean-Michel, Patrick, Alfredo, Valéry, Caroline et Karl.
Coté accompagnateurs, il y a du monde aussi : Richard, Christine, Stéphanie, Pascale, Francine, Mme Espert, les familles Julian, Sardinha, Laluce. Bon, désolé, j'en oublie peut-être ! Christelle est là aussi, nous nous sommes "libérés" de nos 2 schtroumpfs pour ce week-end (merci mamie!).
Après
installation du campement, dernier repas/pique-nique avec au menu, la
classique salade de pattes. A ce propos, Caroline m'apprend des
choses étonnantes sur la cuisson des pattes (je ne peux
malheureusement pas en dire davantage puisque cela fait partie des
secrets de préparations sportives de hautes volées).
Puis
viennent les derniers préparatifs avant de rejoindre le parc
à
vélo. Pendant ce temps, Stéphanie, qui connait Zarautz
comme sa poche, explique
les
points clés de la course et comment y accéder. Avec
Pascale et Christelle, elles vont former un des groupes de chocs de
supporters.
De mon coté, première péripétie de l'après-midi (en langage jefaisdutri.com, on appellerait ça une "boulette") : en montant sur le vélo, alors que j'essaye de voir si les pneus semblent bien gonflés, la cale de ma chaussure droite s'enclenche dans la pédale à l'insu de mon plein gré. Un peu surpris et surtout très déséquilibré, je me casse la figure à 0km/h => un bobo sous le genou droit, un autre à la cheville gauche. Rien de méchant, juste un petit rappel : il faut rester lucide !
Dans
le parc à vélo, le soleil cogne fort. La bouteille
d'eau offerte par l'organisation n'est plus franchement fraîche...
Après
la mise en place du matériel et le dernier pipi de rigueur, on
embarque enfin avec Jean-Michel, Patrick, Stéphane et Karl
dans l'un des bus qui nous emmène à Getaria, point de
départ de la natation. Sur la plage, les 13 participantes sont
déjà prêtes à partir (départ 1/4h
avant le nôtre). Beaucoup de gars s'échauffent dans
l'eau. Coté Cestadais, 2 stratégies différentes
: pour la plupart, nous attendons gentiment le dernier moment pour
mettre la combinaison. Alfredo, lui, est chaud bouillant : il vient
de se rajouter un échauffement vélo avec un
aller/retour éclair Getaria/Zarautz pour cause d'oubli de
lunettes dans le parc à vélos (ça peut aussi
faire partie de la catégorie "boulettes" citée
précédemment) !
On
regarde le départ des filles pour encourager Caroline, puis
c'est à notre tour d'écouter les dernières
consignes (incompréhensibles pour nous autres étrangers!)
de l'organisation. Avec Karl, on profite de ce moment pour se placer
idéalement derrière la masse et ainsi bien observer nos
"concurrents". Bon, ok, c'est surtout pour éviter
qu'un gars performant mais étourdi ne se place bêtement
derrière nous et soit ensuite obliger de nous passer dessus.
Le départ se fait dans l'eau, on rejoint tous la "ligne
de départ flottante" et... c'est parti !
Le
parcours natation est simple : rejoindre la plage de Zarautz, 2,5 km
plus loin. Les courbures de la côte font qu'on ne voit le point
d'arrivée que tardivement, mais les conditions de nage sont
heureusement très bonnes et la "navigation à vue"
n'est pas trop dure : pas de vagues ! D'autre part, il fait beau, la
température de l'eau est bonne, l'eau est claire, on voit les
fonds rocheux, des petits poissons... très chouette ! Zut,
petit rappel à la réalité de la course : le
derrière de la nuque commence à me chauffer. Je n'avais
jamais connu ce souci jusque là : est-ce la distance plus
longue, l'eau salée, ou les deux réunies ? En tout cas,
pour les prochaines courses de ce genre : vaseline pour éviter
les échauffements liés à la combinaison !
J'ai
l'impression de ne plus trop avancer dans la dernière "ligne
droite", mais je sors enfin de l'eau dans un temps correct pour
moi (moins de 51 minutes, hors transition).
Au moment où j'entre dans le parc, je vois Patrick qui part. Ma transition est comme d'habitude : très très peu performante... Je ne vois pas Karl à ce moment là, mais au vu des récits et déductions d'après courses, il est entré dans le parc après moi et ressorti devant. Je tiens à préciser que je trouve ce comportement scandaleux.
Le
parcours vélo, c'est une boucle de 30 km à faire 2
fois, puis une boucle de 20 km plus difficile avec des passages forts
sympathiques (je suis prévenu!). Je fini tant bien que mal les
2 passages de la première boucle en 29 km/h de moyenne (eh
oui, ça monte quand même un peu par moments, et il y a
du vent) et je ne force pas trop au début de la dernière
boucle avant d'attaquer les "murs".
Malgré
cette sage précaution, je suis scotché dès
l'attaque de la première pente raide. Je pense bien vite
à
mettre pied à terre, mais Zorro (alias Bruno L.) vient me
sauver en me poussant fortement sur une bonne distance. J'ai d'abord
quelques scrupules par rapport aux autres coureurs qui ne
bénéficient
pas de ce bon coup de pouce, mais je les oublie très vite...
"A toi, maintenant" me dit-il avant de couper son effort,
et effectivement, c'est beaucoup plus dur tout seul ! Après un
premier virage, c'est au tour de supportrices acharnées (on
parle toujours de triathlon, hein, pas de confusion) de relayer le
soutien. C'est seulement mental, mais ça aide
énormément
: je n'ai plus le droit de lâcher. Le 2ème mur me semble
plus facile (enfin, moins difficile, quoi). Dans le 3ème
et dernier, je suis très limite comme au 1er, mais ça
passe. Je rejoins Patrick au moment où il repart après
une crevaison. Il a la poisse mais reste serein et ne se
décourage
pas. Il me largue immédiatement, très (trop?)
facilement. C'est vrai que je n'avance pas très vite, et la
fin du col bien que moins pentue est bien longue !
Enfin
la descente. Après un regard au chrono et un bref calcul par
rapport à la distance qui reste à faire, je constate
que cela sera juste par rapport à la limite de 4h fixée
par l'organisation. Et l'expérience de Karl l'année
précédente prouve qu'il n'y a pas de tolérance
sur cette limite, donc... il faut foncer !
Après
la traversée de Zarautz, juste avant de rentrer dans le parc
je regarde de nouveau mon chrono et je suis content, je vais passer !
Et
patatras, non, l'arbitre à l'entrée du parc nous
explique que c'est fini, que les coureurs qui arrivent sont hors
délais. Je lui montre mon chrono qui en est à 3h58'30
mais cela ne change rien bien sûr : c'est fini, je dois lui
rendre mon dossard. Comment expliquer cet écart de chrono ? je
ne suis toujours pas sûr mais le plus probable est que je l'ai
involontairement arrêté pendant quelques minutes lors de
la transition natation/vélo.
Grosse,
très grosse déception en tout cas. Dans le parc,
j'hésite quelques instants en repensant à Denis qui
disait avant le départ "Même si tu es hors délai,
tu peux quand même faire la course à pied". Et il a
raison, il faut essayer ! je demande confirmation à un
bénévole mais ne comprends pas toute la réponse
: il me manquera quelque chose (?) mais je ne saisi pas si c'est mon
classement à l'arrivée (ça, j'avais compris que
c'était cramé!) ou le droit au ravitaillement pendant
la course à pied (et là, ça serait très
très embêtant pour moi!). Je me lance sur le parcours
à
pied avec des questions plein la tête.
La
première moitié à pied, c'est un aller/retour
à
Getaria le long de la côte : on croise ceux qui sont devant et
c'est sympa, cela fait diversion au lieu de penser à n'importe
quoi. Alexandre est déjà passé, mais je croise
les autres Cestadais, et on s'encourage. Charly en profite pour me
donner des conseils ("respire bien" me dit-il ;
j'aimerais bien...).
Pas
de souci pour les ravitaillements, je peux en bénéficier,
et je continue donc le chemin. Petit tour du port de Getaria, et l'on
repart en sens inverse. Caroline et Karl ne sont pas très loin
devant, alors que je croise Denis qui est donc hors délai
comme moi. On saura plus tard ce qui s'est passé : Denis a
profité du beau parcours natation pour faire de la
plongée
sous-marine, ce que l'organisation ne gratifie pas, à tort
sûrement, par un bonus chrono.
La
deuxième moitié du parcours à pied, c'est une
boucle de 5 km dans Zarautz, à faire 2 fois. On passe ainsi en
fait 3 fois dans la petite rue de la ligne d'arrivée où
il y a une foule en délire (bon, j'exagère, mais à
peine). Ils sont bien utiles, ces encouragements !
C'est
au début de ces derniers 10 km que l'on se retrouve quasi
ensemble avec Karl et Caroline. Karl se bat contre des problèmes
« ventraux ». Avec Caroline, on fait causette
pendant la première boucle. Elle aussi est hors délai.
Les filles, qui partent 1/4h avant, ne bénéficient pas
de ce 1/4h supplémentaire dans les limites de temps : quand on
repense au départ des 13 filles, puis au troupeau des 350 ou
400 gars, ce point du règlement parait encore plus
incompréhensible.
A
l'entame de la dernière boucle de 5km, je coince pas mal alors
que Caroline est en pleine forme et s'envole. Je n'avance plus dans
les derniers km le long de la plage, mais les touristes continuent
leur soutien. Et ce ne sont pas que des habitués ou des
connaisseurs : quasiment tous les espagnols qui sont présents
à proximité du parcours nous lancent de chaleureux
encouragements. Pour nous, français habitués à
notre public national qui est ce qu'il est, c'est incroyable !
Dernier
passage dans la petite rue un peu moins remplie quand même
à
cette heure tardive de la course. Je m'y attendais un peu mais cela
se confirme : sans dossard, les arbitres m'empêche le passage
de la ligne d'arrivée et ma course fini 5 mètres plus
tôt que celle des classés. Pas trop grave, Christelle
est là pour me réconforter, et je suis quand même
bien content d'avoir tenu la distance à défaut des
horaires (mon chrono affichant 5h57’37, j’ai dû
mettre en
gros 6h au total).
On
assiste au passage de cette fameuse ligne par Karl, ému :
belle leçon de courage après la déception de
l'année dernière et la galère à pied
cette année.
Le massage d'après course, incluant soins des pieds douloureux, est le bienvenu. Je ne suis pas franchement capable de remonter au camping en vélo, et cette excuse de pied déconfit me couvre : mon vélo et moi-même revenons au camp de base en voiture avec Stéphanie et Christelle.
La
suite du Week-end, c'est douche, bière, repas, bière,
dodo, café/croissant, plage, bière, bon restau, belle
vue. Disons que :
1)
d'une façon générale, les a-cotés de la
course ne sont pas trop désagréables à
Zarautz…
2)
s'il y a beaucoup de bière au programme, c'est évidemment
uniquement pour favoriser la récupération physiologique
de l'organisme du sportif de haut niveau
3)
comme dirait un célèbre Cestadais, c'est joli !
Voilà, en résumé : un très chouette week-end et une très bonne ambiance.
Avec Christelle, les accompagnateurs, les copains de club et le public espagnol, le triathlon n’est finalement pas qu’un sport « individuel »…