Zarautz 2006

Zarautz 2006, 

compte-rendu d’un week-end de course en terre Basque Espagnole (moyenne distance, une première pour ma part).

Cela commence par les retrouvailles au camping de Zarautz en fin de matinée du Samedi. Il y a là, coté participants : Seb, Alex, Régis, Charly, Lucien, Denis, Stéphane, Jean-Michel, Patrick, Alfredo, Valéry, Caroline et Karl.

Coté accompagnateurs, il y a du monde aussi : Richard, Christine, Stéphanie, Pascale, Francine, Mme Espert, les familles Julian, Sardinha, Laluce. Bon, désolé, j'en oublie peut-être ! Christelle est là aussi, nous nous sommes "libérés" de nos 2 schtroumpfs pour ce week-end (merci mamie!).

Après installation du campement, dernier repas/pique-nique avec au menu, la classique salade de pattes. A ce propos, Caroline m'apprend des choses étonnantes sur la cuisson des pattes (je ne peux malheureusement pas en dire davantage puisque cela fait partie des secrets de préparations sportives de hautes volées).
Puis viennent les derniers préparatifs avant de rejoindre le parc à vélo. Pendant ce temps, Stéphanie, qui connait Zarautz comme sa poche, explique
les points clés de la course et comment y accéder. Avec Pascale et Christelle, elles vont former un des groupes de chocs de supporters.

De mon coté, première péripétie de l'après-midi (en langage jefaisdutri.com, on appellerait ça une "boulette") : en montant sur le vélo, alors que j'essaye de voir si les pneus semblent bien gonflés, la cale de ma chaussure droite s'enclenche dans la pédale à l'insu de mon plein gré. Un peu surpris et surtout très déséquilibré, je me casse la figure à 0km/h => un bobo sous le genou droit, un autre à la cheville gauche. Rien de méchant, juste un petit rappel : il faut rester lucide !

Dans le parc à vélo, le soleil cogne fort. La bouteille d'eau offerte par l'organisation n'est plus franchement fraîche...
Après la mise en place du matériel et le dernier pipi de rigueur, on embarque enfin avec Jean-Michel, Patrick, Stéphane et Karl dans l'un des bus qui nous emmène à Getaria, point de départ de la natation. Sur la plage, les 13 participantes sont déjà prêtes à partir (départ 1/4h avant le nôtre). Beaucoup de gars s'échauffent dans l'eau. Coté Cestadais, 2 stratégies différentes : pour la plupart, nous attendons gentiment le dernier moment pour mettre la combinaison. Alfredo, lui, est chaud bouillant : il vient de se rajouter un échauffement vélo avec un aller/retour éclair Getaria/Zarautz pour cause d'oubli de lunettes dans le parc à vélos (ça peut aussi faire partie de la catégorie "boulettes" citée précédemment) !
On regarde le départ des filles pour encourager Caroline, puis c'est à notre tour d'écouter les dernières consignes (incompréhensibles pour nous autres étrangers!) de l'organisation. Avec Karl, on profite de ce moment pour se placer idéalement derrière la masse et ainsi bien observer nos "concurrents". Bon, ok, c'est surtout pour éviter qu'un gars performant mais étourdi ne se place bêtement derrière nous et soit ensuite obliger de nous passer dessus. Le départ se fait dans l'eau, on rejoint tous la "ligne de départ flottante" et... c'est parti !

Le parcours natation est simple : rejoindre la plage de Zarautz, 2,5 km plus loin. Les courbures de la côte font qu'on ne voit le point d'arrivée que tardivement, mais les conditions de nage sont heureusement très bonnes et la "navigation à vue" n'est pas trop dure : pas de vagues ! D'autre part, il fait beau, la température de l'eau est bonne, l'eau est claire, on voit les fonds rocheux, des petits poissons... très chouette ! Zut, petit rappel à la réalité de la course : le derrière de la nuque commence à me chauffer. Je n'avais jamais connu ce souci jusque là : est-ce la distance plus longue, l'eau salée, ou les deux réunies ? En tout cas, pour les prochaines courses de ce genre : vaseline pour éviter les échauffements liés à la combinaison !
J'ai l'impression de ne plus trop avancer dans la dernière "ligne droite", mais je sors enfin de l'eau dans un temps correct pour moi (moins de 51 minutes, hors transition).

Au moment où j'entre dans le parc, je vois Patrick qui part. Ma transition est comme d'habitude : très très peu performante... Je ne vois pas Karl à ce moment là, mais au vu des récits et déductions d'après courses, il est entré dans le parc après moi et ressorti devant. Je tiens à préciser que je trouve ce comportement scandaleux.

Le parcours vélo, c'est une boucle de 30 km à faire 2 fois, puis une boucle de 20 km plus difficile avec des passages forts sympathiques (je suis prévenu!). Je fini tant bien que mal les 2 passages de la première boucle en 29 km/h de moyenne (eh oui, ça monte quand même un peu par moments, et il y a du vent) et je ne force pas trop au début de la dernière boucle avant d'attaquer les "murs".
Malgré cette sage précaution, je suis scotché dès l'attaque de la première pente raide. Je pense bien vite à mettre pied à terre, mais Zorro (alias Bruno L.) vient me sauver en me poussant fortement sur une bonne distance. J'ai d'abord quelques scrupules par rapport aux autres coureurs qui ne bénéficient pas de ce bon coup de pouce, mais je les oublie très vite... "A toi, maintenant" me dit-il avant de couper son effort, et effectivement, c'est beaucoup plus dur tout seul ! Après un premier virage, c'est au tour de supportrices acharnées (on parle toujours de triathlon, hein, pas de confusion) de relayer le soutien. C'est seulement mental, mais ça aide énormément : je n'ai plus le droit de lâcher. Le 2ème mur me semble plus facile (enfin, moins difficile, quoi). Dans le 3ème et dernier, je suis très limite comme au 1er, mais ça passe. Je rejoins Patrick au moment où il repart après une crevaison. Il a la poisse mais reste serein et ne se décourage pas. Il me largue immédiatement, très (trop?) facilement. C'est vrai que je n'avance pas très vite, et la fin du col bien que moins pentue est bien longue !
Enfin la descente. Après un regard au chrono et un bref calcul par rapport à la distance qui reste à faire, je constate que cela sera juste par rapport à la limite de 4h fixée par l'organisation. Et l'expérience de Karl l'année précédente prouve qu'il n'y a pas de tolérance sur cette limite, donc... il faut foncer !
Après la traversée de Zarautz, juste avant de rentrer dans le parc je regarde de nouveau mon chrono et je suis content, je vais passer !

Et patatras, non, l'arbitre à l'entrée du parc nous explique que c'est fini, que les coureurs qui arrivent sont hors délais. Je lui montre mon chrono qui en est à 3h58'30 mais cela ne change rien bien sûr : c'est fini, je dois lui rendre mon dossard. Comment expliquer cet écart de chrono ? je ne suis toujours pas sûr mais le plus probable est que je l'ai involontairement arrêté pendant quelques minutes lors de la transition natation/vélo.
Grosse, très grosse déception en tout cas. Dans le parc, j'hésite quelques instants en repensant à Denis qui disait avant le départ "Même si tu es hors délai, tu peux quand même faire la course à pied". Et il a raison, il faut essayer ! je demande confirmation à un bénévole mais ne comprends pas toute la réponse : il me manquera quelque chose (?) mais je ne saisi pas si c'est mon classement à l'arrivée (ça, j'avais compris que c'était cramé!) ou le droit au ravitaillement pendant la course à pied (et là, ça serait très très embêtant pour moi!). Je me lance sur le parcours à pied avec des questions plein la tête.

La première moitié à pied, c'est un aller/retour à Getaria le long de la côte : on croise ceux qui sont devant et c'est sympa, cela fait diversion au lieu de penser à n'importe quoi. Alexandre est déjà passé, mais je croise les autres Cestadais, et on s'encourage. Charly en profite pour me donner des conseils ("respire bien" me dit-il ; j'aimerais bien...).
Pas de souci pour les ravitaillements, je peux en bénéficier, et je continue donc le chemin. Petit tour du port de Getaria, et l'on repart en sens inverse. Caroline et Karl ne sont pas très loin devant, alors que je croise Denis qui est donc hors délai comme moi. On saura plus tard ce qui s'est passé : Denis a profité du beau parcours natation pour faire de la plongée sous-marine, ce que l'organisation ne gratifie pas, à tort sûrement, par un bonus chrono.
La deuxième moitié du parcours à pied, c'est une boucle de 5 km dans Zarautz, à faire 2 fois. On passe ainsi en fait 3 fois dans la petite rue de la ligne d'arrivée où il y a une foule en délire (bon, j'exagère, mais à peine). Ils sont bien utiles, ces encouragements !
C'est au début de ces derniers 10 km que l'on se retrouve quasi ensemble avec Karl et Caroline. Karl se bat contre des problèmes « ventraux ». Avec Caroline, on fait causette pendant la première boucle. Elle aussi est hors délai. Les filles, qui partent 1/4h avant, ne bénéficient pas de ce 1/4h supplémentaire dans les limites de temps : quand on repense au départ des 13 filles, puis au troupeau des 350 ou 400 gars, ce point du règlement parait encore plus incompréhensible.
A l'entame de la dernière boucle de 5km, je coince pas mal alors que Caroline est en pleine forme et s'envole. Je n'avance plus dans les derniers km le long de la plage, mais les touristes continuent leur soutien. Et ce ne sont pas que des habitués ou des connaisseurs : quasiment tous les espagnols qui sont présents à proximité du parcours nous lancent de chaleureux encouragements. Pour nous, français habitués à notre public national qui est ce qu'il est, c'est incroyable !
Dernier passage dans la petite rue un peu moins remplie quand même à cette heure tardive de la course. Je m'y attendais un peu mais cela se confirme : sans dossard, les arbitres m'empêche le passage de la ligne d'arrivée et ma course fini 5 mètres plus tôt que celle des classés. Pas trop grave, Christelle est là pour me réconforter, et je suis quand même bien content d'avoir tenu la distance à défaut des horaires (mon chrono affichant 5h57’37, j’ai dû mettre en gros 6h au total).
On assiste au passage de cette fameuse ligne par Karl, ému : belle leçon de courage après la déception de l'année dernière et la galère à pied cette année.

Le massage d'après course, incluant soins des pieds douloureux, est le bienvenu. Je ne suis pas franchement capable de remonter au camping en vélo, et cette excuse de pied déconfit me couvre : mon vélo et moi-même revenons au camp de base en voiture avec Stéphanie et Christelle.


La suite du Week-end, c'est douche, bière, repas, bière, dodo, café/croissant, plage, bière, bon restau, belle vue. Disons que :

1) d'une façon générale, les a-cotés de la course ne sont pas trop désagréables à Zarautz…
2) s'il y a beaucoup de bière au programme, c'est évidemment uniquement pour favoriser la récupération physiologique de l'organisme du sportif de haut niveau
3) comme dirait un célèbre Cestadais, c'est joli !

Voilà, en résumé : un très chouette week-end et une très bonne ambiance.

Avec Christelle, les accompagnateurs, les copains de club et le public espagnol, le triathlon n’est finalement pas qu’un sport « individuel »…

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