Mon premier Moyenne Distance :
La première chose qui choque, c'est l'appellation de la
course. MD = Moyenne distance (2.5/80/20). Pour moi, je dirais
plutôt Ultra longue Distance. Mais dans le monde du tri, les
choses sont ainsi, une telle longueur de course c'est Moyen.
La décision fût prise en début
d'année avec mon compère Chris. Cette
année on fait un MD pour voir si on en est capable.
J'ai pris la chose au sérieux car je savais bien que
l'année qui allait suivre devrait être bien
réglée. C'est donc 3 mois avant
l'échéance que j'ai commencé un
entrainement encore plus sérieux, aprés un hivers
studieux et de net progrés (surtoût en natation).
Mais voilà, l'entrainement c'est bien beau, c'est
même rassurant. On s'installe dans une sorte de "routine" et
à l'approche du moment crucial, les questions affluent et
mon petit cerveau est entré en ébulition deux
jours avant la course. Un stress comme jamais, peu rassuré
par Christophe qui stressait aussi.
Et puis arrive le matin, fatidique, le Jour J.
Pas de problème pour se lever, mais un énorme
pour manger ou boire quoique se soit. Le gateau Overstim ne passe pas
du tout. Le gout salé est horrible. Enfin par petit
bouchée j'arrive à m'alimenter un peu et le
gateau Chocalat (Overstim aussi) de Chris me permet de prendre un peu
de réserve 1h avant le départ.
Nous rentrons dans le parc, le stress est parti. L'installation se
passe tranquillement et nous voici sur la plage pour prendre la
température. L'eau est bonne, plate mais trés
salée...
Bientôt le départ des filles. Là,
première surprise que réserve le long : Tout le
monde tape dans les mains, la pression monte... Les filles sont
parties, dans 5 minutes c'est nous.
C'est reparti pour les applaudissements, des spectateurs en tas sur la
plage, les derniers encouragements entre nous et c'est parti !!!!
280 partants mais pas vraiment de bousculade, la première
bouée arrive vite, mais ça passe et je prends une
bonne allure sans trop forcer. Au passge à l'australienne je
suis juste derrière Seb et au moment où je
replonge, je sens une drole de sensation. je continue et bien vite j'ai
mal au coeur, je dirais : Mal de mer. Pourtant il n'y a pas de rouli,
bonne vision mais rien n'y fait je n'avance plus, et pire pour la
première fois depuis mes débuts, je doute sur la
partie natation. Tant bien que mal, j'arrive enfin sur la plage, et
j'ai vraiment envie de lacher l'affaire, plus tard on me dira "tu
étais livide à la sortie de l'eau". Il y a au
moins 400 m avant de rejoindre le parc et j'ai le temps de retrouver un
peu mes esprits. En arrivant à ma place, je trouve Charly
qui est presque pret à partir, je me dis que j'ai pas si mal
nager que ça. J'enfile le maillot vélo et les
chaussures et file vers la sortie du parc, non sans jeter un oeil sur
l'emplacement de Chris et constater qu'il est encore dans l'eau, en
tout cas, derrière moi. En sortant du parc je vois l'horloge
: 52 minutes, je suis satisfait.
A peine sur le vélo, je prends un bon coup de boisson, car
j'ai vraiment tres soif. On passe rapidement quelques virages en ville
et on rentre dans le vif du sujet. Je prends donc pour la
première fois de ma carrière la position
"aéro" en appuie sur le prolongateur tout neuf. Les
sensations sont bonne, je profite du vent dans le dos pour garder une
bonne allure et à ma surprise je remonte quelques places.
Les kilomètres défilent, il fait chaud mais cela
reste supportable, je bois régulièrement et comme
j'ai décidé de faire la course avec les gels, je
commence à en prendre un, puis deux... Les
premières côtes sont rapidement franchies et mes
collègues de club ne m'ont toujours pas repris. J'en double
même un, car le malheureux Henry Paul à casser
sont dérailleur qui s'est pris dans la roue. En descente la
chute aurait été vraiment spectaculaire, par
chance mais pas de mal, juste déçu. Je me dis que je
dois être pas mal, je continue donc sur le même
rythme. Pas de perte de temps dans les montées,
répis dans les descentes mais en gardant une bonne position
pour le pas perdre de temps, et dés que possible "position
aéro". Les ravitaillements sont suffisamment
raprochés et je profite de chacun pour refaire une pause
et le plein d'eau. Certains proposent du coca, j'en prend une
verre. Petite péripétie : le compteur en rade
aprés une heure trente, je dois donc gérer au
feeling le reste des prises de gel mais je m'en sors pas mal. Je bois
régulièrement un peu et je m'arrose aussi.
Bientôt la fin des bosses, je suis un peu entammé
mais ça va mieux qu'à la sortie de l'eau. Dernier
ravitaillo en hauteur et Karl est pas loin. Il arrive alors que je suis
presque prêt à repartir. Je m'attend donc
à le voir me dépasser rapidement mais je ne me
déconcentre pas et reprend la position. Il me double enfin
peu aprés le 70eme kilo, au moment où je
décide de calmer un peu le jeu en prévision de la
course à pied. Je prends deux dents de moins et mouline un
peu plus. La ville approche et pas de nouvelle de Nico et de Chris, je
suis de plus en plus satisfait de ma partie vélo, et
voilà le parc. Tres animé, des encouragement de
partout, je reconnais du monde mais je suis un peu dans les vaps et un
peu cuit. Je n'avais plus de compteur et je ne vois pas le chrono. J'ai
mis moins de trois heures, j'ai de l'avance sur mon timing
prévisionnel le plus optimiste, c'est cool.
Malgré tout je commence à ressentir la fatigue et
le plus gros morceau de la course arrive avec la CAP. J'ai vraiment
besoin des supporters pour repartir.
En sortant du parc Nico est à ma hauteur et file
déjà à une vitesse bien au dessus de
mes capacités. Des le premier kilomètre, je sais
que cela ne va pas être de la rigolade quand je passe devant
un concurrent, allongé les bras en croix avec l'ambulance
qui arrive. Mais je cours quand même sur un "bon" rythme.
Premier ravito aprés le troisième kil et Chris
vient de me rejoindre. Petite tape amicale et on repart ensemble mais
je ne peu plus courir. Je le laisse partir et décide de
marcher le temps de retrouver un peu d'énergie. Quand je
reprends la course, je vois au loin le maillot cestadais, je me sens
donc toujours dans la course et il me semble bien vite que je reprends
du terrain. Christophe marche devant, je prends quand même
mon temps et je refais tout doucement mon retard. Plus tard il me
racontera sa course, il est tres mal à ce moment et va vomir
plusieur fois. Pour ma part ça va pas mal et je continue
comme il faut juqu'au premier demi tour vers le 7eme kil. Le retour
vers la ville est dur et je marche pendant deux montées pour
ne pas me cramer et pouvoir courir le reste du temps. Les
ravitaillements sont assez proche et je profite comme il faut de chacun
d'eux. Il n'y a pas de bornes indiquant les kilomètres
parcourus et les avis de chacun sont souvent contradictoire. Je ne sais
pas ce qu'il me reste à faire, et le doute m'envahi peu avant
d'arriver dans la ville, j'ai mal au jambe, mais je cours sur le plat,
certe pas vite mais je cours. Je fais même le yoyo avec
certains concurrents, les moments mieux alternants avec les pires...
Il faut maintenant se lancer sur la dernière boucle en
directions de Socoa. Je suis certainement dans les derniers survivants,
et à partir de maintenant mon obsession et de franchir la
ligne d'arrivée. Le problème dans cette boucle,
c'est la terrible montée, je ne peux que me
résoudre à la monter en marchant, mais je ne suis
pas le seul. En haut la vue sur la baie est belle mais je suis
lessivé, je cours quand même dans la descente et
j'arrive au ravitaillo du bout du monde, juste avant le demi tour. Il
ne reste plus que trois kilomètre à faire mais je
n'en peux plus. Je me mords les joues pour ne pas pleurer devant le
bénévole qui nous donne à boire. Je
reprend courage avec un concurrent d'Auch qui repart aussi en marchant.
Nous allons jusqu'au demi tour en discutant et il me donne une pastille
car je ne peux plus rien avaler. On repart en trotinant. Il est un peu
plus vite que moi, et file vers l'arrivée. La
dernière montée est aussi faite en marchant mais
je sens que j'ai retrouvé un peu de force, je reprends la
course en pensant voir Chris dans le début de sa boucle,
mais il n'est pas en vue, je crains maintenant le pire pour lui... On
retrouve le plat pour le dernier kilomètre et là
je ne sens plus rien, je sais que je vais finir... 500
mètres et les émotions de la journée
remontent, je suis dans un drôle d'état. J'ai envie
de tout lacher, de pleurer, mais j'essaye de passer dignement la ligne.
Tout le monde est là, les copains du club crient
à mon passage, je vois mes parents et puis plus rien.
La ligne est là, pas un mot du speaker, on
recupère ma puce je jete un oeil au chrono 6h15 pile et je
vais sur mon emplacement dans un état second. je
m'écroule sur ma serviette, je ne peux pas pleurer, je ne
peux pas respirer. Je suis heureux simplement d'avoir fini. Je reprends
un peu de mes esprits et vais voir mon père qui me
félicite et m'annonce l'abandon de Christophe. Je suis tres
déçu pour lui mais dans un moment comme celui
là, on pense beaucoup à soi. Je retourne sur ma
place pour reprende mes esprits et faire le point. Chris arrive, on
échange quelques mots, il est déçu, je
suis content, c'est le sport... La prochaine fois ce sera le contraire
peut être. Et c'est fini. On remballe, la douche, la remise
des prix. On se retrouve pour refaire 100 fois la course de chacun, on
se remémorre les temps fort de sa course.
Pour moi : Le départ, les deux transitions, le paysage en
haut des côtes en vélo, Chris me double, Je double
Chris, je croise Seb, je croise Charly et tombe dans ses bras, je
souffre à pied en allant vers Socoa, je passe la ligne...
pour finir, je voudrais faire comme à Cannes et remercier
quelques personnes :
Merci donc à mes Parents pour leur support ce week end et de
manière génèrale. Le parcours en
camping car, surtoût le retour, sont cool...
Merci aux supporters, c'est vraiment réconfortant de sentir
que l'on est attendu, vraiment...
Merci à Seb pour son coaching d'avant course, son
expérience m'aura était utile.
Merci à Charly, qui est une sorte d'extra terrestre et qui
devrait être un exemple pour beaucoup.
Une pensée spéciale pour Christine, on rigole et
on se chambre un peu, je l'adore...
Une dernière pensée vraiment spéciale
pour Christophe. C'est à cause et grace à lui que
j'en suis là.
Mes excuses à tout ceux que je n'ai pas cité ici,
il y en aurait tant et tant...
merci de votre lecture et rendez vous l'an prochain pour d'autres
exploits, mais pour qu'ils aient un gout de neuf faudra t'il augmenter
la distance ?...
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