Une journée en enfer
8h00, le réveil sonne, ou plutôt hurle. Je me lève, me douche, et décide de prendre un léger petit déjeuner. Au menu, le traditionnel café, une plâtré de fromage râpé aux nouilles, et pour faire glisser tout cela dans mon petit ventre grassouillet, 1,5 litres d’Isostar bien dosé.
9h30, le reste de l’équipe arrive. Pap’s avait déjà trouvé le chemin de la maison en suivant l’odeur des pâtes. Moyen arrive dans son habituel camion suivi de près par un Junky plus Junkaillé que jamais. On charge le matériel, vérifie les derniers détails et hop en route vers Ste Hélène.
10h15, on arrive sur les lieux. Nous allons directement vers le stand des inscriptions. La pression monte, on pisse toutes les 30 secondes. Ca y est. Le dossard apposé sur le vélo, nous tatoué comme des vaches du numéro attribué, nous sommes près pour l’abattoir.
11h00, on arrive sur le lieu du départ. Merde, on voit le garage à vélo mais où est donc le début de l’épreuve. 1ere inquiétude, on s’aperçoit que la natation se trouve très mais alors très loin des vélos. Non seulement, on va se taper le parcours mais en plus entre chaque épreuve, il faut fournir un effort supplémentaire. En gros, on va souffrir même dans les transitions.
12h45, briefing. La coordination de la course nous explique le déroulement et les règles à respecter. La pression est au zénith. Le cœur bat de plus en plus fort, les premiers poils se dressent sur les bras et pour certains sur les jambes (beaucoup étaient rasé). Après avoir soigneusement rangé les palmes et la planche au bord de l’eau afin de réaliser le hot shot, 2ieme inquiétude. On part plus du bord de la plage mais à 100 mètres pour un sprint d’anthologie. Comment va-t-on le gérer ?
5,4,3,2,1,…..0. Le départ est donné. Je pars à fond la caisse. Je tourne la tête à droite, Junky. Je tourne la tête à gauche Moyen. Juste derrière moi, Pap’s. Tout le monde est présent. Personne à caler et l’antipatinage a bien fonctionné dans chaque écurie. J’enfile le morey sur mes pieds et les palmes sous le ventre et plouf dans l’eau (c’est peut être l’inverse). Comment fait on pour marcher dans l’eau avec des palmes ? Simple à reculons. Une palme derrière l’autre, j’avance ou je recule, je sais plus, dans une eau ma foi pas très chaude. Moyen est parti. Je le suis. Pap’s rentre enfin dans l’eau et Junky est sur le bord de la plage entrain de courir de droite à gauche pour retrouver son matériel (il est con, il en restait qu’un, ahaha). 1er bouée, Moyen est devant mais commence à montrer des signes de faiblesse. Je le poursuit, le double et le lâche. Super je suis en tête à la natation, moi la clef anglaise. Pas longtemps. Venu de nulle part, Junky, dopé par sa poche magique, me dépose littéralement et me mets vite 100 mètres dans la vue. Démoniaque. Je me retourne à la deuxième bouée, Pap’s et Moyen sont loin.
Je sors de l’eau, pas trop fatigué. Junky est déjà entrain de courir vers les vélos. Je me déchausse, et par en courrant dans un champs d’herbes qui piquent les pieds. J’entre dans le parc à vélo, j’entends crié dans mes oreilles 93 (c’est mon numéro), je cherche mon emplacement, et commence à me mettre nue pour enfiler mon short. On se concerte avec Junky et décidons d’attendre les deux retardataires. Nous voilà partis pour 28 kms de vélo. On entame les 5 premiers kilomètres comme des démons avec des relais avoisinants les 40 kms / h. Premier virage, on déchante. On voit une longue ligne droite de sable mouvant. On s’enfonce dans ce piège quand tout d’un coup j’entends Junky, je cite « Merde, putain de selle, elle est encore remontée ». Moi gentil, je l’attends. Moyen et Pap’s, n’ayant rien entendus, continus leurs efforts. Au bout de 8 kilomètres, marre d’entendre Junky de se plaindre de son vélo à 1000€, je décidai d’accélérer ; c’est à ce moment là que commença le calvaire. Seul contre tous, je n’ai pas croisé âme qui vive pendant 20 bornes. Me suis-je trompé de chemin ? Presque l’arrivée du vélo. Je viens de fournir un effort considérable pour essayer de revenir sur Pap’s et Moyen. Leur avance est considérable. Pour Moyen ma réflexion s’avérait exacte, mais quelle surprise, quand à deux kilomètres de l’arrivée, je vois Pap’s, 200 mètres devant moi, entrain de marcher à coté de son vélo, sable jusqu’aux mollets. Je décide de mettre le paquet et de lui détruire le moral juste avant l’épreuve qu’il redoute le plus (la course à pieds). Je passe comme un avion à coté de lui en l’infligeant de tous les noms d’oiseau que je connaissais. Résultat gagnant. Pap’s je ne l’ai jamais revue. J’arrive donc à la transition vélo course à pieds en seconde place. Je jette mon vélo, me retourne vers les filles et demande depuis combien de temps est passé Moyen. 5 minutes me disent elles en cœur. J’ai un coup à jouer. Je démarre, m’imagine écouter la musique de Rocky 4 avant son combat contre Drago et enfile les kilomètres. Au bout de 4 kilomètres, toujours pas de Moyen en vue. Là je me dis que c’est cuit. Plus jamais je le rattraperais. Je commence à entendre les clameurs du public. Le final est proche. C’est à ce moment là que le classement chavire. Je croise véro à 500 mètres de l’arrivée et lui demande à nouveau par acquis de conscience, d’évaluer mon retard. « Oh » me dit elle, « cela fait un petit moment qu’il est passé » et m’encourage pour finir. Sur de cette information, je gère mon effort pour terminer pas trop éclater. Tout d’un coup, sortant de derrière une branche, je vois Moyen me faire des grands coucous. Merde, il est juste devant moi. Je décide d’employer la même technique qu’avec Pap’s. Je l’insulte et, par déconcentration, fais un OTB sans vélo par-dessus une racine. Réception sur les genoux et crampe derrière la cuisse. Comment vais-je finir ? Je ne pourrais plus le rattraper ? Je m’étire vite fait et recommence à trottiner. Derrière ligne droite, Moyen est arrivée et me fais croire que cela fait un petit moment en sirotant un verre d’eau en me voyant franchir la ligne.
Après quelques minutes de récupération, ils nous tardent l’arrivée de nos deux compères pour fêter ensemble notre victoire. La remise des trophées pour les meilleurs, les remerciements, et l’affichage des résultats. STUPPEUR, je finis deuxième à 36 secondes de Moyen.
Moralité, la prochaine fois, je
promets de ne pas attendre Moyen à la sortie de l’eau et
d’arrêter de me prendre les pieds dans des racines. Ce n’est
pas grave. Le principal est que tout le Mythoteam est fini ce putain
de triat. Hein les gars, il y a 6 mois, qui l’auraient cru !!!!